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Mercredi 19 septembre 2007 3 19 /09 /Sep /2007 14:00
Aujourd'hui tout n'est que rochers et le paysage lunaire et minéral n'en finit pas. Les vallons se suivent et le temps brumeux aggrave encore cette ambiance austère.
La petite vallée amorce maintenant une courbe et la suite du parcours s'offre soudain à mes yeux.
Je suis au bord d'un profond cirque rocheux et la seule voie de passage contourne le gouffre par l'ouest. Le petit sentier est bien visible, taillé à vif dans le flanc de la paroi presque verticale, il suit le relief aidé parfois par de petits ponts de bois.
Tout cela ne me plait guère, la sente paraît vraiment étroite et la pente ne permettra pas de faux pas.
Je m'engage.
Le sentier est bien construit, en bon état, et presque plat; pourtant, aucune issue n'est possible sur les côtés et surtout, le vide est omniprésent et me donne presque la nausée.
Un caillou se détache sous la pression de ma semelle et part dans le vide, il rebondit contre la paroi en contrebas en émettant un claquement sec et l'echo me le renvoie comme un coup de fusil.
Malgré tout je suis plutôt rassuré et avance avec confiance lorsque, au détour du sentier, je me retrouve nez à nez avec une chèvre...

Elle est chargée d'un double petit sac de toile gonflé de marchandises qui lui recouvre les deux flancs et s'arrête net en m'apercevant. Je suis déjà en train d'imaginer un stratagème de croisement lorsque je me rend compte avec effroi qu'elle n'est pas seule.
Elles sont une cinquantaine à se suivre, toutes chargées de leur petits sacs et le caravanier ferme la marche loin derrière.
Je me plaque contre la paroi rocheuse pour laisser un maximum de passage mais la bique est affolée par ma présence et refuse d'avancer.
Je sais que l'animal de tête d'une caravane est le guide et ses congénères suivront sans se poser de questions, je tente alors un pas un avant pour la décider.
Paniquée, elle tente de reculer mais la pression du troupeau poussant derrière l'en empêche et elle saute alors dans la pente.
Je retiens mon souffle mais elle se stabilise plus bas de justesse, en équilibre sur ses pattes entre deux cailloux et s'élance à nouveau vers le haut pour rejoindre le sentier.
Les pierres se détachent et filent en sifflant vers le fond du gouffre mais ses petits sabots crochent dans le conglomérat et elle se rétablit sur le chemin derrière moi.
Le reste du troupeau suit en bêlant et pas une ne fera un faux pas. Le caravanier lui, me salue d'un grand sourire et me tape sur l'épaule en me croisant sur le sentier.
Par Débabilleur - Publié dans : Voyage
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